| lyric | Les sombres gorges des monts Tydal Se peuplent, quand vient minuit, De noirs battaillons qui de val en val Se glissent, flottant sans bruit.
Ils vinrent jadis, soldats vainqueur, Chercher les cruels frimas hardis lutteurs La mort marchait sur leurs pas. La mort, la voici dans le froid vent du Nord Qui change en glaçons le sang;
Ils tombent, gisant, leur souffle s’en va. De l’ombre sort une main de fer, qui sur leurs fronts s’abat. Soldats et cheveaux, ils sont tous couchés roidis sur les lourds affuts.
Ou sur leurs fusils muets penchés L’éclair de leurs mains ne part plus. Le Nord a pris et garde à jamais La courageuse armée.
Les loups, les ours des lointaines forêts accourant à la curée. O ciel boréal es-tu donc le seul Dont les enfants soient maudits? Accorde donc à tous des fils Au moins un doux lincent. |