| lyric | Les yeux cernés, La goutte au nez, Tout gris, tout bleu, Tout poussiéreux, Par monts et vaux Un chemineau N’a pas un sou, N’a qu’un gros trou Au fond des poches: C’est Jean Lacloche! „Hé mon vieux! Viens travailler, y a du sable à décharger!“ O bim’ bim’ bim’ qui dort din’ Il voit en dormant, Le grand firmament La vague qui chante, le mât qui balance. Et pendant qu’il rêve Les brouettes grincent, Les brouettes chantent, Et pendant qu’il rêve Les minutes grincent. Et pendant qu’il rêve, Le travail s’achève. Tant pis, ou tant mieux? C’est comm’ tu veux!
Le baluchon à son bâton, Tout blanc, cassé, Et tout uné, Sur le trimard L’est un vieillard, Dessous sa peau, N’a que les os, N’a rien en poche: C’est Jean Lacloche! „Hé mon vieux! Faut t’arrêter, à l’asil tu peux sonner!“ Mais le vieux se dit: „C’est bientôt midi, Bim’ bim’ bim’, Qui dort’ din’“ Il voit en dormant, Passant dans les champs, La route qui danse, sous un ciel immmense. Il se voit en rêve Couler à l’asile Des jours plus faclies, Et pendant qu’il rêveLa route l’appelle, La route l’entraîne. Et le vieux préfére Traîner sa misère. Trant pis, ou tant mieux? C’est comm’ tu veux! |